Islande : "non", les contribuables n'ont pas à
payer
Communiqué d'Attac France
Les premiers résultats indiquent un rejet massif de la loi Icesave par les
islandais, à plus de 95% contre (1% pour et 4% d'absention). Cette loi aurait
obligé de verser 3,8 milliards d’euros, soit 12 000 euros par habitant
islandais, au Royaume-Uni et aux Pays-Bas. Les citoyens islandais refusent
ainsi de payer pour les errements du système bancaire privé et de gouvernements
irresponsables.
La banque en ligne Icesave opérait au Royaume-Uni et aux Pays-Bas en prenant
tous les risques et en proposant des rémunérations mirobolantes à ses clients.
Victime de ses propres combines financières, la banque s'écroulait dès 2008. Le
Royaume-Uni et les Pays-Bas réclament à présent à l'Islande le remboursement
des sommes qu'ils ont dépensées pour dédommager les clients lésés par la
faillite d'Icesave. Ils prétendent s'appuyer pour cela sur le droit européen et
la garantie en dernier ressort de l'État islandais, ce que les Islandais
contestent.
Dès 2008, suite à l'écroulement d'Icesave, le Royaume-Uni avait recouru à la
législation antiterroriste pour geler les avoirs islandais, étouffant davantage
l'économie islandaise. Aujourd'hui, pour faire payer la dette aux contribuables
islandais, le Royaume-Uni et les Pays-Bas multiplient les menaces d'isolement
économique, d'annulation des soutiens promis et de refus d'adhésion à l'Union
européenne. Cela avec l'appui du Fonds monétaire international, de l'Union
européenne et des autres pays européens, pour qui la bonne image du secteur
bancaire européen passe avant la reconstruction économique et sociale d'un
pays.
Les lobbies financiers accusent maintenant les Islandais de ne pas prendre
leurs responsabilités. Nous considérons au contraire qu'ils prennent une
position responsable : pour la première fois, de façon concrète, les
citoyens refusent de payer pour les énormes risques pris par des banques
privées et des investisseurs dans le seul but d'une rentabilité maximale du
capital. Ce « non » a été soutenu par la société civile islandaise
dont Attac, qui vient de se créer en Islande. Il fait écho aux mobilisations
des citoyens grecs qui refusent de payer les pots cassés de la crise sous la
pression de la spéculation monétaire. Il donne corps à toutes les
revendications visant à imposer de fortes régulations publiques au système
financier, à commencer par une taxation internationale sur les transactions
financières.
Attac France,
Le 7 mars 2010
Le communiqué en ligne : http://www.france.attac.org/spip.php?article10903








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