Taxer les profits des banques ?
Mesdames et Messieurs les députés, encore un effort !
http://www.france.attac.org/spip.php?article10425
L’Assemblée nationale a adopté le principe d’une taxe additionnelle
de 10% sur les bénéfices des banques. Ce fut un vote acquis à la surprise
générale puisque le gouvernement s’y opposait bien que le Commission des
finances se fut prononcée en faveur d’un tel amendement au projet de loi de
finances 2010.
Est-il vrai que « les banques n’ont pas commis de faute », comme le
répète à l’envi Mme Lagarde ? Elles ont participé à la frénésie
spéculative qui a précédé la crise, elles possèdent des comptoirs dans les
principaux paradis fiscaux, elles ont appelé au secours les fonds publics mais
ont poursuivi leurs habitudes de rémunérations exorbitantes pour les principaux
managers et traders. Parallèlement, elles rechignent à prêter de l’argent pour
faciliter le développement de véritables activités productives.
S’agit-il donc de pratiques normales au regard des besoins de la société ou
fautives ? Les banques ont prouvé une fois encore que la finance actuelle
est « socialement inutile », comme l’avait dit il y a peu Adair
Turner, responsable de l’autorité bancaire britannique.
L’association Attac rappelle l’urgente nécessité d’un encadrement public
strict du secteur bancaire et financier, la séparation des banques de dépôts et
d’affaires, l’instauration d’une fiscalité sur les profits financiers qui n’ont
aucune raison d’être.
Au moment où l’on entend murmurer des appels en faveur d’une taxation des
transactions financières internationales, pour un montant certes beaucoup trop
faible, il serait mal venu de s’opposer à une contribution supplémentaire des
banques. Attac condamne à l’avance toute tentative de refaire voter les députés
lundi prochain pour qu’ils s’alignent sur les ordres donnés à l’Élysée, dans
les salons des banques ou du Medef.
Il est vrai que les pouvoirs ont pris l’habitude de refaire voter les
peuples ou leurs représentants quand ceux-ci ont le mauvais goût d’être
rebelles. Il est temps que la parole citoyenne l’emporte sur les intérêts
financiers. Dans ce but, Attac souhaite lancer avec d’autres associations et
les syndicats une grande campagne d’explication et de mobilisation pour
transformer en profondeur l’activité des banques.
Montreuil, le 24 octobre 2009